Le web, c’est mal : Nadine Morano l’avait déjà soutenu, c’est au tour du Président d’en faire l’une des causes de la crise de la presse.
Sarkozy : «Le problème d’Internet est considérable!»
« Le problème d’Internet est considérable. » L’opinion du président de la République sur le web a le mérite de la nuance. Lors de son intervention matinale sur RTL, Internet a été cité comme deuxième « cause » de la crise de la presse après la question des points de vente. Parce que, comme l’a expliqué Nicolas Sarkozy, le journal gratuit sur Internet, «c’est pas sain (…) comment voulez-vous que les gens achètent leurs journaux en kiosque s’il est gratuit sur Internet ? » Ben oui parce que, en Angleterre ou en Allemagne par exemple, ils vendent beaucoup plus de quotidiens et ils n’ont pas Internet. Ah si ? Bon, on m’aura mal renseigné…
En plus, sur Internet, y’a que des pédophiles…
Autre découverte étonnante du Président, les sites Internet des journaux, « ça fait plus de lecteurs mais pas davantage de recettes. » Voilà qui présage de belles ambitions pour les médias.
Histoire de ne pas non plus attirer les foudres des rédactions web des grands médias (comme du Nouvel observateur, par exemple), Nicolas Sarkozy a implicitement salué l’expérience du Parisien-Aujourd’hui en France (après avoir fustigé ce journal dans une autre conférence), en suggérant de se poser, à l’occasion des états généraux qu’il compte organiser à l’automne, la question suivante : « est-qu’il faut créer des groupes mutimédia alors qu’aujourd’hui on fait tout pour les éviter ? » Face à une telle clairvoyance, une seule question nous brûle les lèvres : mais de quoi parle-t-il ?
Mais il faut le comprendre : ses idées sur le web datent un peu. Un peu plus tôt dans l’interview, parlant des départs de profs, il fait ainsi un parallèle troublant entre l’informatisation de la société et la réduction du nombre de postes. Merveilleux fantasme de la substitution de l’homme par la machine, une jolie idée digne de l’an 8. 1908.
Internet, temple de la caricature selon Morano
Jusqu’ici, la pourfendeuse d’Internet en Sarkozie était Nadine Morano. On se souvient de la formidable intervention dans l’émission Revu et corrigé de Paul Amar sur France 5 où la ministre de la Famille s’associait pleinement à une toile décrite comme le repère des pédophiles, cybercriminels et autres pseudo-journalistes en quête de sensations. Nos confrères de Rue89 avaient même réussit à arracher à Nadine Morano cette belle description du web : « Ah, Internet, je déteste, c’est le temple des rumeurs et de la caricature. » Un avis parfaitement objectif et motivé, là encore.
En même temps, il faut les comprendre, les sarkozystes : quand on a été élu par plus de 50% de plus de 50 ans au second tour de la présidentielle, c’est difficile de dire du bien de tous ces trucs de jeunes, ma bonne dame !

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